
Des familles entières, avec parfois des enfants en bas âge, contraintes de dormir plusieurs jours d’affilée dans une salle de fortune. On pensait ces images réservées à d’autres cieux, en d’autres circonstances. C’est pourtant bien à Aulnay, au gymnase Ormeteau, que ces scènes dignes d’un film catastrophe se sont produites. Il est encore heureux que la puissance publique, en l’occurrence la mairie, ait pris aussitôt les choses en main en organisant une solidarité de tous les instants avec le concours chaleureux des agents communaux.
La presse s’en est fait largement l’écho. L’incendie qui a sérieusement endommagé la copropriété du 12 rue des Aulnes, dans le quartier Mitry, aurait pu avoir des conséquences terribles. Par miracle, aucune victime n’est à déplorer, sinon d’un point de vue psychologique. Plusieurs jours après les faits, bien des rescapés demeurent en effet sous le choc : ils réalisent, rétrospectivement, que le pire a été évité de justesse.
Dès lors, ils s’interrogent. Comment a-t-on pu en arriver là ? Ressurgit alors le spectre de ces copropriétés soumises aux locations et aux sous locations, dont les propriétaires, quelquefois endettés, peinent à assumer via leur syndic les charges courantes d’entretien. Avec les risques que l’on ne peut plus désormais ignorer.
A Aulnay, les exemples sont plus nombreux qu’on ne le croit. Derrière les cas les plus douloureux, je pense à la Morée et à Savigny Pair, deux copropriétés dégradées qui font l’objet de plans de sauvegarde, il existe d’autres urgences qui nécessiteraient que l’Etat prenne toute la mesure du péril. Et par suite, toutes ses responsabilités.
Il y a peu, le maire de Clichy-sous-Bois, Claude Dilain, évoquant ce sujet, recourait à une image forte : « Des bidonvilles verticaux », voilà comment il qualifiait l’état de certaines des copropriétés existantes sur sa commune. A Aulnay, nous n’en sommes certes pas là. Mais faute d’un sursaut, d’une prise de conscience aboutissant à prise en charge préventive au plus haut niveau de l’Etat, nous ne pourrons éviter des drames.
Ahmed Laouedj