Alors qu’Aulnay se mobilise contre la disparition des Rased, Luc Chatel confirmait mardi matin la fermeture de 1500 classes dans le primaire à la rentrée prochaine.

Ces fermetures ne vont pas  toucher que les zones rurales déjà lourdement pénalisées par les fermetures de bureaux de poste, de gendarmeries, etc. Elles auront des conséquences directes sur la commaunuté scolaire aulnaysienne et la qualité d’enseignement dans notre ville.

Une fois de plus les politiques d’austérité, dictées uniquement par des impératifs financiers, vont accroître les inégalités et marginaliser des pans entiers du territoire national. Les radicaux de gauche demandent un moratoire sur les fermetures de classes et un véritable plan de réussite scolaire pour préparer l’avenir en consacrant à l’éducation les moyens d’une vraie priorité nationale.

Vious pouvez signer la pétition des parents contre la suppression des Rased ICI

Le gouvernement, Sarkozy en tête, ne cesse d’applaudir à deux mains aux révolutions en cours dans le monde arabe. On sait que ces débordements d’enthousiasme de  nos dirigeants ont pour fonction de faire oublier la marche ratée par la France au départ de ce train qui emportait le sens de l’Histoire. Il faut bien aussi préserver les intérêts  français dans cette région du monde dotée de bien des richesses. Quoiqu’il en soit, on ne trouve pas plus chaleureux que notre président pour saluer l’émancipation du peuple tunisien. Dans le même temps, on feint de s’effrayer d’une soi-disant immigration « massive » et « incontrôlable » de clandestins en provenance de ce pays -quelques centaines de personnes en vérité, démunies de tout et prises au piège aux abords du périphérique parisien.

 Il n’en fallait pas tant. L’hystérie s’empare du sommet de l’Etat, les accords de Schengen sont voués aux gémonies, l’Europe sans frontières est montrée du doigt par ceux-là même qui la défendirent contre la volonté des peuples. Le poids de l’immigration en France a beau être plus faible que dans d’autres pays développés, des mesures justes sont envisageables pour limiter les flux migratoires, qu’à cela ne tienne, l’ombre du front national rôde…  Et pour de sordides calculs politiciens à courtes vues, l’on flatte les instincts les plus bas des citoyens au lieu d’ouvrir avec eux un débat serein sur le thème d’une politique migratoire équilibrée dont la France, au nom de ses valeurs et de son passé, s’honorerait à fournir l’exemple. Quant à ceux qui nous tendent les bras, on leur passe les menottes.

 

Vingt-cinq ans après, les décombres radioactifs de Tchernobyl  hantent plus que jamais la planète. Pas seulement en raison du sarcophage branlant de la centrale, du sol de la région gorgée de césium, des conséquences sanitaires encore dévastatrices et des huit millions de personnes contraintes de vivre aux côtés des cadavres. On ne pouvait alors s’en douter, mais Tchernobyl porta le coup fatal à l’Union soviétique, à sa prétendue maîtrise technologique, à son modèle d’organisation humaine. Ironie cruelle de l’Histoire, c’est la catastrophe nucléaire elle-même qui se chargea de réaliser la promesse libératrice en contribuant à la réaction en chaîne qui allait bientôt faire tomber Moscou, puis le Mur de Berlin.  L’énormité de l’événement – la chute d’un régime totalitaire régnant sur un empire- a escamoté les conséquences à tirer du danger nucléaire. Avec Fukushima, la question ressurgit, nue et entière. Et cette fois, pas moyen de se dérober, ni de faire l’économie d’une réflexion sur les normes de sécurité, l’avenir climatique, le renchérissement de l’énergie, nos modes de consommation et le type de civilisation que nous souhaitons léguer aux générations futures… Car ce sont bien nos enfants, en définitive, qui vivront les bouleversements engendrés par Fukushima - bouleversements dont nous sommes encore incapables de prendre l’exacte mesure.

Un récent rapport de la fondation Abbé Pierre évoquait la situation des copropriétés dégradées en parlant de « bombes à retardement ». Allusion à la situation des propriétaires surendettés, ou des locataires qui ne peuvent accéder autrement que par ce biais aux logements HLM, souvent à des tarifs démesurés. Les logements concernés seraient 340 000 en France. Et la situation est assez sérieuse pour avoir fait l’objet d’un comité interministériel des villes réuni le 18 février dernier à Matignon.

Aulnay n’échappe pas à ce syndrome bien que la Ville, en lien avec l’Etat, ait pris les devants. Depuis 2008, et pour une durée de 5 ans, un dispositif de sauvegarde a été lancé en faveur des 18 bâtiments et des 897 logements de  la copropriété de La Morée. Des travaux d’urgence ont été entrepris, les ascenseurs remplacés, une réhabilitation d’ampleur est prévue pour cette année. Le coût d’ensemble de l’opération atteint plusieurs millions d’euros. Il s’ajoute à l’assainissement de la situation financière des copropriétaires eux-mêmes. Une procédure reste à finaliser : la scission de la copropriété en unités de gestion viables.

 Kyrielle de propriétaires

L’exemple de La Morée donne un aperçu des difficultés auxquelles se heurtent les pouvoirs publics. Les syndics sont remplacés par des administrateurs judiciaires chargés d’apurer les dettes. Mais l’intérêt général se heurte au droit de la propriété et à la nécessité de s’adresser à une kyrielle de propriétaires privés pour régler des dossiers parfois insolubles. C’est également le cas pour les 8 bâtiments et les 554 logement de Savigny Pair. Là aussi, des travaux de réhabilitation du bâti ont été lancés courant 2010 et devraient être suivies d’autres interventions jusqu’en 2014. Mais un problème de mobilisation des copropriétaires se pose.

Le gouvernement, quant à lui, sprend très lentement la mesure du problème. Interrogé à ce sujet le 1er février dernier à l’Assemblée nationale, le ministre de la ville, Maurice Leroy le reconnaissait à sa façon : «  Il faudrait créer une ANRU (Agence nationale de rénovation urbaine) consacrée aux copropriétés dégradées ».  

 

 

Des familles entières, avec parfois des enfants en bas âge, contraintes de dormir plusieurs jours d’affilée dans une salle de fortune. On pensait ces images réservées à d’autres cieux, en d’autres circonstances. C’est pourtant bien à Aulnay, au gymnase Ormeteau, que ces scènes dignes d’un film catastrophe se sont produites. Il est encore heureux que la puissance publique, en l’occurrence la mairie, ait pris aussitôt les choses en main en organisant une solidarité de tous les instants avec le concours chaleureux des agents communaux.

La presse s’en est fait largement l’écho. L’incendie qui a sérieusement endommagé la copropriété du 12 rue des Aulnes, dans le quartier Mitry, aurait pu avoir des conséquences terribles. Par miracle, aucune victime n’est à déplorer, sinon d’un point de vue psychologique. Plusieurs jours après les faits, bien des rescapés demeurent en effet sous le choc : ils réalisent, rétrospectivement, que le pire a été évité de justesse.

Dès lors, ils s’interrogent. Comment a-t-on pu en arriver là ? Ressurgit alors le spectre de ces copropriétés soumises aux locations et aux sous locations, dont les propriétaires, quelquefois endettés, peinent à assumer via leur syndic les charges courantes d’entretien. Avec les risques que l’on ne peut plus désormais ignorer.

A Aulnay, les exemples sont plus nombreux qu’on ne le croit. Derrière les cas les plus douloureux, je pense à la Morée et à Savigny Pair, deux copropriétés dégradées qui font l’objet de plans de sauvegarde, il existe d’autres urgences qui nécessiteraient que l’Etat prenne toute la mesure du péril. Et par suite, toutes ses responsabilités.

Il y a peu, le maire de Clichy-sous-Bois, Claude Dilain, évoquant ce sujet, recourait à une image forte : « Des bidonvilles verticaux », voilà comment il qualifiait l’état de certaines des copropriétés existantes sur sa commune. A Aulnay, nous n’en sommes certes pas là. Mais faute d’un sursaut, d’une prise de conscience aboutissant à prise en charge préventive au plus haut niveau de l’Etat, nous ne pourrons éviter des drames. 

Ahmed Laouedj           

 

La colère des locataires du quartier du Gros Saule, unis contre les factures abusives d’eau infligées par leur bailleur, a quelque chose d’emblématique dans la période actuelle, tout entière dominée par la question du pouvoir d’achat. N’en déplaise à ceux qui rêvent encore d’imposer dans le débat public des sujets de substitution, tels la sécurité et l’immigration, la grande majorité de nos concitoyens a les yeux rivés sur l’échéance de fin de mois tant celle-ci apparait de plus en plus difficile à atteindre.  C’est l’un des enseignements majeurs des dernières élections cantonales.

Le gouvernement  n’est pas indifférent à cette préoccupation lancinante des Français. En témoignent ses rodomontades autour de la hausse du Smic, pourtant automatique, et la cacophonie entourant l’instauration d’une prime aux salariés des entreprises réputées généreuses envers leurs actionnaires. Sans vergogne, Sarkozy retourne sur les terres de la France au travail et tente en vain de faire oublier les effets désastreux du bouclier fiscal et ses velléités de suppression de l’impôt sur la fortune. Promesses nouvelles, aussitôt dites, aussitôt défaites.

D’ailleurs, y a-t-il encore des gens pour y croire ? Les dommages de la règle de non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite commencent à avoir des conséquences redoutables. Dans un pays envié pour sa fécondité, de plus en plus d’enfants ne pourront être scolarisés à la rentrée en maternelle, faute d’enseignants, ou le seront dans des conditions inacceptables. Les couloirs des services d’urgence des hôpitaux sont encombrés de lits où reposent des patients en attente d’être soignés. A la Caf ou au Pôle emploi, les délais de traitement des dossiers s’allongent au fil des mois. Le progrès prend l’allure d’une marche à reculons.

Presque aucune branche du service public d’Etat n’échappe à la saignée. L’hémorragie est telle qu’un récent rapport du médiateur de la République exhorte le gouvernement à prendre en considération le trouble grandissant des usagers confrontés à la surdité persistante des administrations. Cas ubuesques à l’appui, les délégués départementaux du médiateur pointent du doigt une culture de l’écoute, longtemps érigée en modèle, aujourd’hui en voie de disparition.

Piochés dans l’actualité locale ou nationale, ces exemples dessinent les contours d’une France qui ne pourra faire longtemps l’économie d’un nouveau pacte de justice et de solidarité. On ne saurait encore tolérer que l’extravagante fortune de quelques privilégiés s’accroisse au détriment du plus grand nombre et de ce que la nation a de meilleur à offrir. Le culte de l’effort, réclamé aux citoyens, ne trouvera meilleur écho que s’il se fonde sur un partage équitable des richesses produites par l’ensemble des forces vitales composant le corps social. Loin des postures -et de l’imposture des annonces jamais suivies d’effet- c’est là, autour de ces questions vitales pour les Français que battra, nous le croyons, le cœur du prochain scrutin présidentiel.

© 2011 Le blog des élus Radicaux de gauche d'Aulnay Suffusion theme by Sayontan Sinha