Tribunes Oxygène
Novembre 2010
« Des raisons d’être fiers d’Aulnay »
Aulnay présente cette particularité que les débats y sont souvent vifs et passionnés. En témoigne la récente empoignade verbale autour de l’attribution par le Conseil général du 7e collège. Pour autant, dès que l’on prend de la distance avec l’actualité immédiate, pour peu aussi que l’on sorte des frontières communales, c’est un regard plus nuancé et en pleine évolution qui est désormais porté à l’endroit de notre ville. Des indices concordants confirment ce regain d’intérêt. La qualité du festival Aulnay All Blues, par exemple, suscite un profond engouement à notre égard. A sa manière, la double page que vient de consacrer le journal L’Equipe aux sportifs aulnaysiens de renom constitue une autre forme de reconnaissance. Plus largement encore, la perspective d’une station marquant à Aulnay l’arrêt du super métro automatique du Grand Paris représente un formidable investissement sur l’avenir. Dans tous les cas, ces signes forts et tangibles donnent aux habitants des raisons d’être fiers. Ils indiquent assez que la ville est sortie d’un certain immobilisme, qui l’a longtemps conduite à se dérober devant les obstacles, pour assumer à présent sans timidité son statut, bien décidée à faire valoir ses talents, son potentiel, sa volonté créatrice. Ce n’est pas un hasard si la commune de Rotterdam North, aux Pays-Bas, est sur le point de signer avec nous un partenariat portant sur des échanges entre étudiants. Ce n’est pas davantage anodin si notre commune se lance dans un débat à l’échelle de tout son territoire à propos de la meilleure manière d’intégrer les critères environnementaux à notre quotidien. L’élaboration de cet Agenda 21, feuille de route pour l’amélioration de notre qualité de vie dans les années à venir, s’appuie sur les conseils de quartier, donnant ainsi une impulsion supplémentaire à la démocratie locale. Certes, tout n’est pas parfait au sein de ces instances de concertation. Elles mériteraient, d’abord, que chacun s’en empare davantage pour y faire valoir ses critiques et ses idées. Du moins présentent-elles l’avantage de faire remonter du cœur des quartiers nombre de préoccupations qui risqueraient, sans cela, de rester lettres mortes. Et puisque j’évoque des préoccupations, permettez-moi de dire un mot des luttes qui ont secoué notre pays ces derniers temps. Derrière la défense d’un droit à la retraite équitable pour tous, il me semble que se révèlent une profonde douleur sociale en même temps qu’une aspiration plus ample à une société où les idéaux de justice, de solidarité et d’égalité ne seraient pas remisées aux magasins des accessoires. Je ne vois pas d’autres explications à l’engagement de la jeunesse. Redoutons que la surdité du pouvoir en place, illustré par le remaniement gouvernemental en trompe l’œil, n’engendre parmi nos concitoyens une amertume lourde de conséquences.
Ahmed Laouedj
Juillet 2010
« Une volonté très forte de rassemblement »
Le premier ministre François Fillon a lâché le mot au cours d’un voyage officiel au Japon : rigueur. Un tabou, longtemps entretenu par le gouvernement, vient de tomber. Pour tous les Français, c’est la confirmation d’une réalité à laquelle on les prépare méthodiquement depuis des mois. Tous les Français ? Pas exactement. Tandis que le droit à la retraite à 60 ans est remis en cause, tandis qu’un train de hausses des prix cueille sans coup férir les juilletistes, et tandis que s’annonce pour la rentrée une violente cure d’austérité, quelques privilégiés continuent de toucher les dividendes d’une politique que le maintien du bouclier fiscal est bien près de résumer à lui seul. D’un côté, toujours plus de sacrifices sont demandée à ceux qui n’en peuvent plus de donner ; de l’autre, une minorité, qui s’accapare déjà l’essentiel des richesses, se voit exempter d’efforts dans le cadre d’une stupéfiante connivence forgée entre un certain pouvoir politique et le monde des affaires. Immoral, le cours des événements actuels contient en outre un ferment dangereux pour la démocratie. La tournure actuelle des révélations risque en effet de plonger dans le dégoût de toutes choses des citoyens déjà trop tentés par l’abstention. Or, rien ne serait pire que de laisser les coudées franches à un pouvoir qui s’apprête, après la suppression de la taxe professionnelle, à liquider ces derniers bastions de résistance qui ont pour nom les collectivités locales. A l’origine de 75% des investissements publics, réputées plus proches des réalités sociales, les villes, départements et régions constituent dans bien des cas des terres d’expérimentation d’autres possibles. C’est notamment le cas à Aulnay où depuis deux ans et demi se met en place, sous l’impulsion du maire et de son équipe municipale, un projet de ville qui allie dynamisme économique, solidarité active et développement durable. Tout en préservant son âme, notre ville s’attache à prendre à bras le corps les questions qui lui sont posées en matière d’urbanisme et de logement, de créations d’emplois et de transport, de défense du cadre de vie et de soutien à la vie associative. Elle le fait en prenant garde à promouvoir une image d’elle-même qui corresponde à son esprit créatif et généreux, loin des clichés sur la banlieue dans lesquels on tente de l’enfermer. Les activités déployées tout au long de l’été, dans tous les coins de la ville, réunissant toutes les générations et tous les quartiers, témoignent de cette volonté très forte d’unité et de rassemblement. Pour ceux qui ne partent pas en juillet et août, pour ceux qui reviennent de vacances ou qui ne sont pas encore partis, permettez-moi de vous souhaitez un bel été. Je serais dans tous les cas heureux de vous retrouver à la rentrée pour le Forum des associations, à la Ferme du Vieux-Pays, un grand rendez-vous qui représente un autre symbole encourageant de la vitalité et de l’inventivité de notre commune.
Ahmed Laouedj
Janvier 2009
« Des idées et des envies nouvelles »
Je ne peux débuter cette tribune sans un serrement de cœur à l’évocation de la tragédie qui se déroule à Gaza. L’heure n’est pas à porter des jugements, ni à prendre parti. L’heure est à mêler sa voix à celle de tous les démocrates, de tous les progressistes qui appellent à l’arrêt immédiat des combats et à un règlement politique du conflit.
L’équipe municipale engrange de premiers résultats. Des problèmes qui plombent littéralement l’image de notre commune depuis des années, et que l’on pensait enterré pour encore longtemps, trouvent une issue. C’est le cas du site de l’ancien concessionnaire Renault ou de l’usine d’amiante. D’autres dossiers, qui tournaient au ralenti, redémarrent. Je songe à la reconstitution de l’offre locative, dans le cadre du Plan de rénovation urbaine (PRU), à la création de places en crèches, à la relance d’équipements sportifs, aux nouvelles ambitions de l’Agenda 21 local ou encore aux projets de développements urbains et économiques.
Ces ambitions ne doivent rien au hasard. Elles s’appuient sur la reprise d’un dialogue fructueux avec l’ensemble des partenaires d’Aulnay, qu’ils se situent à l’intérieur ou au-delà des limites communales. Elus, institutionnels, investisseurs et chefs d’entreprises nous regardent d’un œil neuf et nous le disent : il se passe quelque chose à Aulnay qui suscite des idées et des envies nouvelles.
Mais cette ouverture aux autres n’est rien sans la capacité à financer les projets. De ce point de vue, il est exclu de demander aux habitants des efforts supplémentaires et la Ville ne peut pas davantage financer ses engagements à compte d’auteur. La solution est ailleurs. Elle réside dans des économies de train de vie et dans la ténacité de la municipalité à arracher des financements. Ce à quoi nous nous employons sans relâche, comme en témoigne les 17 millions d’euros obtenus de l’Etablissement public foncier d’Ile-de-France (EPIF).
Aulnay ne peut plus faire de sur-place. Cela a déjà assez coûté en termes de réponses aux besoins des habitants, de dynamisme et même d’emplois. Sait-on assez que le niveau de réalisations de notre commune était jusqu’à présent de 40% inférieur à celui des collectivités de même strate ? Une ville qui ne construit pas son avenir est une ville à l’agonie. Il faut donc en finir avec ces mythes persistants et infondés : par le passé, Aulnay-sous-Bois n’a pas été un modèle de gestion; l’audit des comptes de la commune et ceux de la M2E prouvent le contraire. Aulnay n’a pas mieux réussi dans sa politique du tout sécuritaire; celle-ci n’a fait qu’exacerber les tensions sans faire baisser la délinquance. Ces deux emblèmes de l’ancienne municipalité ne résistent ni à l’épreuve des faits, ni à la vérité des chiffres.
Certes, tout est loin aujourd’hui d’être réglé et nous mesurons le chemin à accomplir. Mais une qualité d’écoute et un regard neuf permettent à présent d’aborder les questions sous un meilleur angle. Unis autour de Gérard Ségura, mais pas soumis, les élus font aussi valoir des différences qui constituent autant d’enrichissements. Un vent salutaire de démocratie souffle dans les rapports à la population. Je le vérifie pour ma part auprès de la vie associative. Et s’il m’est permis de formuler un vœu, en cette année nouvelle, c’est que le plus grand nombre d’entre vous y prennent part et contribuent à cette renaissance. Bonne année à tous !
Ahmed Laouedj
Mars 2009
»Prendre le parti de l’avenir »
Ce n’est pas d’aujourd’hui que la hantise de la crise occupe les esprits. Il vaudrait mieux d’ailleurs parler d’aggravation car en fait de crise, beaucoup de nos concitoyens n’ont jamais subi qu’elle depuis trente ans. La différence, peut-être, est qu’à présent nul ne se sent plus à l’abri, hormis quelques privilégiés. Autour de soi, combien de parents, d’amis et de proches peinent à boucler leur fin de mois ? Dans les agences d’intérim, le boulot se fait rare. Et chacun se prépare à des lendemains d’autant plus difficiles qu’aucune vraie solution ne pointe à l’horizon.
Le Gouvernement s’est d’abord occupé d’injecter des milliards dans un système bancaire à l’origine même des déboires que nous connaissons. Quant à entendre la plainte qui vient du bas, il faut au moins comme aux Antilles un mouvement général. L’annonce par le Chef de l’Etat de la suppression de la taxe professionelle a conduit un leader syndical a donner le score du match : Medef : 8 millliards/ Salariés : 0€. Sans compter la saignée des finances de communes comme la nôtre, très dépendante de cette ressource fiscale.
Cette conjoncture accroît les responsabilités de notre équipe municipale. Il y a un an, la population votait pour le changement. Ce changement, je sais que les habitants y aspirent plus encore aujourd’hui que nous avons commencé à le mettre en oeuvre. Comment imaginer que s’éteigne l’espoir suscité par le chantier de la démocratie locale ? Comment penser revenir sur la relance du Plan de rénovation urbaine, les grands projets économiques, la création de places en crèches ? Comment concevoir des reculs en matière de transports, d’entretien des écoles, d’attentions portées aux seniors ? Enfin, peut-on imaginer rayer d’un trait de plume les avancées obtenues sur les programmes d’embellissement de la commune et de réalisations sportives, le soutien à la jeunesse et aux associations ?
L’opposition est là pour critiquer, c’est plus que son droit, c’est son rôle. Mais qu’en est-il lorsque cette opposition se fait systématique au point d’aller à l’encontre des intérêts de la population ? Passe encore le refus de siéger lors du vote du budget : mais que dire des tentatives de saborder le projet prévu à l’emplacement de l’ancien concessionnaire Renault ? Est-il bon pour l’image de notre commune d’abandonner au vu de tous, et pour encore de longues années, les carcasses calcinées des bâtiments actuels, triste souvenir des émeutes de 2005 ? Aulnay-sous-Bois ne peut plus se permettre de stagner ni de vivre sur ses acquis. A l’image de la résolution du dossier de l’ancienne usine d’amiante, elle doit prendre le parti de l’avenir. Gérard Gaudron le reconnaît d’ailleurs implicitement en se faisant nommer membre d’une mission d’information sur la prise en charge des victimes de l’amiante. Certains penseront qu’il n’y a pas meilleur stratège qu’une fois la bataille gagnée. Pour ma part, je me réjouis de cette soudaine attention de notre député. Puisse t-il pousser l’intérêt jusqu’à solliciter de l’Etat une aide financière utile à la dépollution de l’usine. Cela ne serait que justice pour toutes les victimes.
Ahmed Laouedj
Octobre 2008
« Se retrouver autour d’un projet ambitieux »
Le Conseil d’Etat décidera si les électeurs d’Aulnay retourneront ou non aux urnes. D’ici à cette décision, qui appartient seule aux juges et qui va prendre plusieurs mois, l’équipe municipale travaille dans la sérénité, fidèle au mandat qui lui a été confié par les habitants. La correction vis-à-vis de la population, et le souci de ne pas laisser diffuser de fausses rumeurs, imposent cependant des explications que je vais tenter de vous donner, sans esprit querelleur, ni partisan.
Beaucoup le savent, une douzaine de recours en annulation de l’élection d’avril dernier ont été déposés par nos adversaires politiques. Le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a récusé tous ces arguments à l’exception d’un seul : il a en effet considéré qu’un incident, survenu le dimanche du second tour, avait pu influer sur le vote. Cet incident, il convient que tous le connaissent afin d’en juger en conscience.
Sur les panneaux électoraux de 7 bureaux de vote, des individus ont placardé des affichettes sur lesquelles on pouvait lire : « Nouveau scandale financier sur fonds sociaux à Aulnay : votez pas cons ». Le jour même, nous avons condamné avec la plus grande vigueur la teneur des propos et la méthode utilisée. Ce geste irresponsable ne peut en aucun cas être imputé à la Gauche.
Il s’avère néanmoins que la Justice s’appuie sur ces faits, totalement indépendants de notre volonté et contraires à nos principes, pour demander l’annulation. Si tel devait être le cas, on voit bien les conséquences auxquelles tout candidat, où qu’il se présente dans notre pays, se verrait dès lors exposer : il suffirait, en effet, qu’un individu mal intentionné imprime n’importe quel document outrageant, la veille d’une élection, pour conduire aussitôt à l’annulation du scrutin. Voilà qui créerait un précédent de nature à remettre en cause tout l’édifice démocratique.
Les tensions, ayant prévalu lors de la campagne électorale, ont également joué dans les conclusions des juges. Ces tensions, nul ne songe à les nier. Comme nul ne réfute le climat difficile dans lequel cette élection s’est déroulée. Mais là encore, à qui imputer cette ambiance ? Et qui disposait des pouvoirs, y compris sur la police du scrutin ? Faut-il rappeler qu’Aulnay-sous-Bois a fait la Une du 20h télévisé, et celle de toute la presse, pour une affaire mettant en cause la probité du maire sortant ?
Bien des habitants honnêtes et sincères, qu’ils soient de gauche ou de droite, ont été légitimement choqués par ces révélations. Or, chacun fut témoin que Gérard Ségura n’a jamais avivé la polémique, tout au contraire. Nous n’avons eu de cesse de lancer des appels à l’apaisement et au débat autour des vrais enjeux aulnaysiens. Pour autant, le mal était fait qui a contribué à des débordements certes isolés mais absolument inadmissibles : nous les condamnons avec d’autant plus de force que nous en sommes les premières victimes.
Aujourd’hui, Aulnay a besoin de calme et de se retrouver autour d’un projet de ville qui rassemble plutôt qu’il ne divise. Je ne crois pas que les habitants misent sur un retour en arrière et l’immobilisme que nous avons connus durant tant d’années. Je reste persuadé que la dynamique des premiers dossiers réglés, des premiers grands chantiers lancés, ne s’arrêtera pas. Il en va du désir profond de changement des Aulnaysiens, comme du besoin de notre ville de se hisser au statut qu’elle mérite.
Ahmed Laouedj
